January 27, 2015

Trois questions à Clémence O. Dans le monde du 2.0, les femmes ont les pleins pouvoirs

By addictmag

Comment l’idée d’un tel roman vous est-elle venue ?
Ce roman est à la fois une histoire d’amitié, d’amour, mais également une plongée introspective au plus profond de mon « moi » qui, je suppose, avait besoin de s’exprimer sur papier. J’ai mis assez longtemps à mûrir l’histoire, à appréhender la manière de la raconter, de la romancer. Par contre, je dois avouer qu’il me serait difficile, même a posteriori, de comprendre le mécanisme d’écriture qui a été propre à ce premier roman. Le soir, pendant la période précédent l’endormissement, des phrases ou encore des paragraphes entiers jaillissaient dans mon esprit. Si les idées étaient trop envahissantes et m’empêchaient de sombrer dans le sommeil, je me levais pour les écrire sur l’ordinateur. J’avais besoin d’expulser ce roman, ce pan de ma vie, afin de tirer un trait dessus et pouvoir ainsi passer à autre chose, avancer. Lorsque j’ai rencontré César (le personnage principal du roman outre le narrateur !), j’ai vu en lui ce que j’avais pu être jusqu’à mes 25 ans, une personne timide, mal dans sa peau, emplie de doutes et engoncée dans une vie plus subie que réellement vécue. C’est avant tout cette relation amicale et cette osmose spirituelle qui s’est peu à peu nouée entre nous que j’ai souhaité raconter. Le fait de l’avoir converti et perverti aux rencontres en ligne me semblait une bonne façon d’apporter au roman une certaine dimension sociologique afin de montrer à quel point cette nouvelle forme de rencontre a bouleversé en profondeur les rapports humains, qu’ils aboutissent à une relation sexuelle ou non. S’immiscer dans le cerveau d’autrui en jouant les Cyrano de Bergerac de mon cher César pour le laisser profiter des corps fut une expérience rare et jouissive qu’il m’a semblée opportun de partager par le biais de ce roman.